A la une cette annonce : au tribunal de Marseille, voyage au cœur de combines frauduleuses

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Son titre saisissant (au tribunal de Marseille, voyage au cœur de combines frauduleuses) en dit long.

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La date d’édition est 2023-01-14 00:00:00.

L’article en question :

Au téléphone, deux maquignons parlent d’un camion chargé de dix-sept chevaux, prêt à partir pour un abattoir en Pologne.

« Salut Robert. On est emmerdés avec cinq ou six [chevaux]… Ils ne veulent pas nous faire les [carnets] sanitaires [d’échange intracommunautaire] parce qu’il n’y a pas les [feuillets de] traitements médicamenteux. Tu pourrais nous les faire ?

Ouais ! Vous voulez le faire quand ça ? »

Dans la salle d’audience du tribunal correctionnel de Marseille, la présidente, Céline Ballerini, enchaîne la diffusion des écoutes téléphoniques enregistrées par les gendarmes en 2013. Les conversations dessinent les contours d’une vaste fraude qui a permis d’abattre à Narbonne (Aude), Equevillon (Jura), mais aussi en Espagne, en Italie et en Pologne, des centaines de chevaux impropres à la consommation humaine.

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Les manœuvres employées se dévoilent au fil des interrogatoires des prévenus. Dix-sept sont présents sur les vingt-cinq qui sont jugés pour un recours massif à des faux documents administratifs et sanitaires, ainsi que pour une tromperie des bouchers et des consommateurs sur les qualités substantielles de la viande commercialisée.

Expert de la réglementation

Bretelles sur une chemise en flanelle à carreaux, Robert Brondex, 68 ans, évacue en deux mots son parcours professionnel : ouvrier agricole chez un marchand de bestiaux, puis commerçant de chevaux à son compte à Chambéry. « J’ai acheté mon premier cheval à 13 ans. » Il est aussi bouvier à mi-temps, à l’abattoir de Chambéry. Sur une écoute, on l’entend joindre Patrick Rochette, grossiste en viande à Narbonne, au sujet d’« une bonne petite jument Haflinger qui n’a pas de papiers ». « La puce [transpondeur], je vais la faire mettre », dit-il. Mais il cherche un carnet d’identification. Dans ce milieu, on s’échange des passeports de chevaux morts pouvant servir à des bêtes sans papiers, avec le seul souci que la race et la couleur de robe soient proches.

C’est ce qui s’est passé avec les juments Bibiche et Myrtille. Cette dernière, que Robert Brondex avait vendue à Patrick Rochette sur la foire aux bestiaux de Beaucroissant (Isère), a été abattue en 2009 et son passeport a été utilisé pour abattre Bibiche, plusieurs années plus tard.

« Toute la vie, ça a été la galère avec les papiers des chevaux », dit en soupirant Patrick Rochette devant les juges. Sur les écoutes, on le découvre en véritable expert de la réglementation et grand manitou des documents équins. « Ces juments, si elles n’ont pas de papiers, je peux m’arranger pour l’exportation », rassure-t-il un correspondant. Pour un autre, il s’agit de remplacer la « carte propriétaire » du cheval, qui l’a exclu de l’abattage. Les conseils s’échangent : pour l’exportation, on recommande de dire que c’est pour l’élevage, laissant penser que les chevaux seront vendus à des particuliers ou des clubs et, en chemin, il suffit de « cocher la case abattoir ».

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